Patrimoine

Diest, ville fortifiée

Diest, ville fortifiée

Peu après la proclamation de l’indépendance de la Belgique, Diest se voit dotée d’imposantes fortifications : remparts, portes, douves, citadelle et fort. Une grande partie de la ville fortifiée est encore intacte aujourd’hui. Découvrez cet ingénieux exemple d’architecture militaire et sa verdure en profitant de la vue sur la ville.

Menace

Début août 1831, après la proclamation de l’indépendance de la Belgique, le roi Guillaume Ier des Pays-Bas entreprend une ultime tentative de reconquête de la Belgique : la campagne des Dix-Jours. L’armée belge est scindée en deux parties : une déployée autour d’Anvers, l’autre entre Hasselt et Liège. Entre les deux : la Campine, sous laquelle se situe Diest. Les Pays-Bas décident d’attaquer les deux armées belges à partir de là. Finalement, les Français sauvent la Belgique in extremis.

Les conclusions sont claires : il n’y a pas, entre Anvers et Liège, de véritable région fortifiée capable de ralentir un assaut venant du nord, et encore moins de l’arrêter. Sur la base des résultats d’une commission d’enquête, le gouvernement belge décide, en 1835, de faire de Diest une « ville fortifiée ». Vu sa position stratégique, la ville du Démer est tout indiquée. Toutes les routes qui mènent à Bruxelles en venant du nord passent par Diest. Située à mi-chemin entre Liège et Anvers, la ville peut donc faire office de sentinelle dans la vallée du Démer. Le 14 mai 1835, le parlement vote les crédits et le gouvernement ordonne le début des travaux.

Tête de pont

La menace néerlandaise est bien vite de l’histoire ancienne. En 1859, les villes d’Anvers, de Liège et de Namur sont choisies pour former l’épine dorsale du nouveau système de défense. La guerre franco-allemande (1870-1871) démontre que les petites villes fortifiées telles que Diest ne résistent pas longtemps face à la nouvelle artillerie, plus lourde. Le sort de la ville fortifiée de Diest est définitivement scellé en 1895. La forteresse et le Fort Léopold sont déclassés. Il en sera de même quelques années plus tard pour la citadelle. Diest est abandonnée, ce qui lui vaut parfois d’être surnommée ironiquement la « tête de pont du Démer ».

Plus d’infos sur la citadelle

Plus d’infos sur le Fort Léopold

 

Les douves et la porte de Schaffen

La construction des remparts de la ville a commencé en 1837 : une double enceinte et des douves pour protéger la ville. Il ne reste aujourd’hui qu’un tiers de l’enceinte.

Du côté nord, la double plateforme en terre et ses douves comportaient deux grandes portes fortifiées : la porte de Schaffen et la porte d’Anvers. Seule la première existe encore aujourd’hui. Deux autres portes, plus petites, ont également été préservées : la « Petrolpoort » (qui abritait deux poudrières où l’on faisait sécher la poudre) et la « Saspoort » (où le Démer entrait dans la ville). Un système ingénieux permettait d’inonder le terrain situé à l’avant.

 

 

  • Omer Vanaudenhovelaan
  • Les remparts de la ville forment une zone de promenade unique accessible à tous.